Historique

Les personnages clés de l’histoire

Quelques personnages qui ont façonné notre histoire…


Benjamin Victor RousselotBenjamin-Victor Rousselot (1823-1889)

Français d’origine, prêtre de Saint-Sulpice, il constate à son arrivée au Canada en 1854, que les aveugles sont privés d’instruction. Il fonde l’Institut Nazareth afin de porter assistance et assurer l’éducation des aveugles, avec la collaboration des Sœurs grises de Montréal. Les œuvres qu’il entreprend exigent des dépenses considérables. Issu d’une famille fortunée, il paie lui-même le coût des bâtiments abritant l’Institut Nazareth.


Rosalie Euvrard (1856-1916)

C’est lors d’un voyage en France, que M. Rousselot convainc Rosalie Euvrard de venir à Montréal. Aveugle et diplômée de l’Institut National des Jeunes Aveugles de Paris, elle arrive à Montréal en 1876 pour soutenir les éducatrices québécoises et fonde l’École de musique Nazareth. Elle parvient en cinq années seulement à hausser l’école à un niveau impressionnant.


Paul Letondal

Paul Letondal (1831-1894)

Premier professeur de musique et élève de Louis Braille, il vient enseigner à Nazareth en 1880 et contribue ainsi à doter l’École d’une vie scolaire et musicale semblable à celle de l’Institut parisien.Il est le premier musicien aveugle à s’établir au Canada.  Rosalie Euvrard et Paul Letondal sont les premiers professeurs aveugles de Nazareth.


Cardinal Léger

Grâce à un don généreux de 75 000 $ offert par le cardinal Léger en 1953, et avec l’aide de nombreux bienfaiteurs, un bâtiment est acquis au 500, rue Claremont, à Westmount. On y fonde l’École Louis-Braille. Le gouvernement provincial de l’époque fournit les budgets de fonctionnement et les Clercs de Saint-Viateur acceptent de diriger l’œuvre, à la demande du cardinal Léger.


Jean Cypihot

Il participe à la fondation de l’Institut Louis-Braille et en est le premier supérieur. L’inauguration officielle a lieu le 9 novembre 1953 et une cinquantaine de garçons y sont inscrits.


Rolland Campbell

Il participe à la fondation de l’Institut Louis-Braille et conjugue les tâches d’aumonier et de professeur de latin. Toutefois, la surdité qui le gagne l’empêche bientôt d’enseigner. Le père Campbell dirige alors l’imprimerie braille et fonde les Éditions braille du Québec en 1968. L’année suivante, à son initiative, un périodique braille est lancé : Carrefour braille.


Pauline David

Elle est l’une des premières copistes de la bibliothèque. Elle débute en 1911 et, pendant plus de 50 années, elle transcrit méthodiquement, inlassablement des livres du noir au braille, d’abors point par point au poinçon puis à la machine à écrire braille. D’autres bénévoles dictaient plutôt le texte en noir à des copistes aveugles, mais Pauline David fait partie de celles qui ont appris le braille et transcrivent elles-mêmes à domicile.


Gabriel Cusson

Né en 1903, Gabriel Cusson est admis dès sa plus tendre enfance à l’Institut Nazareth où il reçoit une excellente formation musicale. Étudiant également à l’École normale de musique de Paris, il est de retour à Montréal en 1930. Il enseigne  alors à l’institut Nazareth et  participe activement à la fondation du Conservatoire de musique de Montréal en 1943. Il enseigne également à la Faculté de musique de l’Université de Montréal et compose plusieurs œuvres dont deux Suites pour orchestres et oratorios.


Paul Doyon

Devenu aveugle à l’âge de deux ans, Paul Doyon entre à l’Institut Nazareth en 1908 et y fait de brillantes études musicales. Boursier du Prix d’Europe en 1925, il poursuit sa formation musicale à Paris. Organiste de l’église Notre-Dame-de-Grâce à Montréal jusqu’à la fin de sa vie, il poursuit également une carrière de concertiste.


Abbé Adrien Caron et père Jacques Ouellet

Tout au long de l’évolution de l’enseignement des jeunes handicapés visuels, des personnes ont mis leurs talents à développer des moyens didactiques accessibles au toucher et susceptibles de fournir des notions précises. Nous parlons ici de M. l’abbé Adrien Caron, prêtre diocésain de Québec. Il était le frère de Mlle Marie-Luce Caron copiste aveugle pour le département musical. Ceci l’a amené à apprendre le braille pour correspondre avec sa sœur. Comme il s’intéressait à la géographie, il a taillé et tracé sur bois quelques globes terrestres et plusieurs cartes de différents pays pour l’Institut Nazareth. Plus tard, le père Jacques Ouellet, c.s.v., professeur de géographie, a réalisé des œuvres semblables pour l’Institut Louis-braille. Il y a ajouté de la technologie pour illustrer l’érosion des cours d’eau et le repérage audible des endroits.

Sœur Thérèse Parent

En 1951, les Sœurs Grises mettent sur pied l’Institut Rousselot, en vue de préparer des jeunes filles handicapées visuelles à la carrière d’enseignante. À compter de 1955, sœur Thérèse Parent en assume la direction et travaille à adapter le programme afin que les finissantes reçoivent également le brevet B des écoles normales régulières offrant ainsi plus d’ouverture dans l’avenir.  En 1965, cette école normale spécialisée met fin à ses activités.  Grâce à une bourse d’études,  sœur Thérèse Parent bénéficie alors d’un séjour en Europe pour visiter différents centres spécialisés.

Lors de la fusion en 1975, elle occupe le poste de directrice des services professionnels jusqu’en 1977. En 1997, connaissant l’un des rêves de sœur Thérèse Parent, celui de mieux faire connaître l’histoire de l’éducation des aveugles au Québec, M. Gabriel Collard, alors directeur général de l’Institut Nazareth et Louis-Braille lui demande de présider un comité qui travaillera à la réalisation de Une histoire de cœur et de vision et par la suite, à l’élaboration des fêtes du 140e de fondation de l’Institut Nazareth et Louis-Braille.

Soeur Marie-des-Neiges s.g.m.
(Aimée Séguin) 1882 – 1970

Soeur Amélia Létourneau, s.g.m., a jeté les bases du département musical de l’Institut Nazareth. À la suite de son décès, soeur Marie-des-Neiges, s.g.m., prendra la relève en novembre 1916 avec une impulsion remarquable.  Son premier souci sera de constituer un corps professoral formé de musiciens de l’élite québécoise et de réputation internationale: entre autre M. Arthur Letondal, fils de M. Paul Letondal, premier musicien aveugle à s’établir à Montréal.

Elle reprendra l’initiative des concerts annuels qui ont fait connaître la valeur de l’enseignement musical de l’Institution.  À compter de 1926,  la réputation de ces concerts gagna les villes de Trois-Rivières, de Québec et même d’Ottawa. Le poste de radio CKAC leur proposa même une demi-heure d’antenne hebdomadaire pendant quelques mois. Toujours soucieuse d’améliorer la performance des aveugles, soeur Marie-des-Neiges visita plusieurs centres d’Europe et participa à un congrès sur l’éducation à New York. La maladie l’obligea à quitter son poste en 1932 juste au moment du déménagement de l’Institut sur le chemin Reine-Marie où des espaces plus vastes lui auraient permis de réaliser quelques-uns de ses rêves.